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BRAZZAVILLE — 10 septembre 2026. L’arrondissement 4 Moungali a vécu, ce jeudi, un moment solennel de la vie administrative et municipale de Brazzaville. Au terme d’une cérémonie placée sous l’autorité du préfet du département de Brazzaville, Jacques Elion a été officiellement intronisé dans ses fonctions d’administrateur-maire de cet arrondissement, quelques jours après la passation de services intervenue le 31 août dernier.

La cérémonie, à laquelle ont pris part les autorités administratives, politiques, judiciaires, militaires et de la force publique, ainsi que les responsables traditionnels et religieux, les chefs de quartier et de nombreux représentants de la population, a consacré l’entrée officielle du nouveau responsable municipal dans l’exercice de ses responsabilités.

Aux côtés du préfet du département de Brazzaville se trouvait notamment son secrétaire général, Thévy Duvel Mongouo Wando. La cérémonie a également été rehaussée par la présence du député-maire de Brazzaville et président du Conseil départemental et municipal, Dieudonné Bantsimba, ainsi que de plusieurs administrateurs-maires et élus locaux.

Une installation placée sous le sceau de la solennité républicaine

Dès l’ouverture, le modérateur a rappelé que l’installation d’un administrateur-maire s’inscrit dans un processus

administratif marqué par deux actes essentiels : la passation de services et l’intronisation. La première, tenue le 31 août 2026, avait consacré la prise de fonction de Jacques Elion. La cérémonie du 10 septembre est venue, quant à elle, donner à cette installation sa dimension solennelle et républicaine.

Après le mot introductif, le cérémonial s’est poursuivi avec la lecture du décret portant nomination des administrateurs-maires d’arrondissement, puis celle de la notice biographique du nouvel administrateur-maire.

L’entrée du drapeau national, la déclaration officielle du préfet investissant Jacques Elion dans ses fonctions, le port de l’écharpe et la remise du drapeau national ont constitué les temps forts de cette séquence protocolaire. L’exécution de l’hymne national, la sortie du drapeau, la signature puis la lecture du procès-verbal d’intronisation ont achevé cette première partie de la cérémonie.

Dans une atmosphère empreinte de gravité, le préfet a ainsi officiellement déclaré Jacques Elion investi et installé dans ses fonctions d’administrateur-maire de l’arrondissement 4 Moungali, avant de lui remettre le drapeau national, symbole de la République et de l’autorité de l'État.

Un parcours académique et administratif au service de la collectivité

La lecture de la notice biographique a permis de retracer le parcours d’un homme dont l’itinéraire est marqué par une longue expérience académique, professionnelle et municipale.

Né le 24 décembre 1959 à Poto-Poto, Jacques Elion est marié et père de quatre enfants. Son parcours scolaire débute en 1965 à l’école primaire de la Mosquée à Poto-Poto, avant de se poursuivre à l’école primaire Sainte-Thérèse, où il figure parmi les premiers garçons admis dans cet établissement. En 1970, il obtient son certificat d’études primaires et élémentaires à l’école Jeanne-d’Arc.

Son cursus secondaire le conduit au collège Nganga-Édouard, où il décroche en 1977 le Brevet d’études moyennes générales. En 1981, il obtient son baccalauréat série C au lycée Chaminade.

Il poursuit ensuite des études supérieures en sciences économiques, couronnées notamment par une licence en sciences économiques, option macroéconomie appliquée, une maîtrise en sciences économiques, option économétrie et recherche opérationnelle, un diplôme d’études approfondies ainsi qu’un doctorat de troisième cycle en économie.

Son parcours professionnel et administratif témoigne également d’une expérience diversifiée. Il a notamment exercé à la SIAT, puis comme attaché économique du maire de Poto-Poto. Il a également été conseiller municipal pendant plusieurs années, secrétaire général de l’arrondissement 6 Talangaï, puis responsable des services études et réglementation à la direction des pompes funèbres municipales.

Il a par ailleurs exercé les fonctions d’administrateur-maire de l’arrondissement 3 Poto-Poto, expérience qui constitue un précédent important dans son itinéraire au sein de l’administration municipale.

Le 19 août 2026, le décret n°2026-308 portant nomination des administrateurs-maires d’arrondissement est venu consacrer sa nouvelle mission à la tête de Moungali.

« Je ne reçois pas un titre, je reçois une dette envers Moungali »

C’est toutefois dans son allocution de circonstance que le nouvel administrateur-maire a donné toute sa portée à cette prise de fonction.

Devant les autorités et les populations, Jacques Elion a exprimé une profonde gratitude à l’endroit du président de la République pour la confiance placée en sa personne, ainsi qu’au ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation et à l’ensemble des autorités administratives et municipales ayant concouru à sa nomination.

Avec une solennité particulière, il a présenté sa nouvelle fonction non comme un privilège, mais comme une responsabilité et une obligation de résultat.

«« Je ne reçois pas un titre, je reçois une dette envers Moungali. »»

Cette formule, qui a constitué l’un des moments forts de son intervention, résume la philosophie qu’il entend imprimer à son mandat : celle d’une administration conçue comme un service rendu à la collectivité.

« La grandeur d’un homme ne se mesure point à ce qu’il reçoit, mais à ce qu’il donne », a-t-il également souligné, avant de promettre de consacrer son temps, son énergie et son engagement à la République et à la population de Moungali.

La proximité, la propreté, la sécurité et la dignité comme boussole

Pour le nouvel administrateur-maire, l’action municipale doit d’abord partir du terrain. Il entend faire de la proximité un principe cardinal de sa gouvernance, en portant une attention particulière aux quartiers, aux zones et aux blocs de l’arrondissement.

Son ambition s’articule autour de quatre piliers : la proximité, la propreté, la sécurité et la dignité.

« Administrer, c’est comprendre, écouter, anticiper et, par-dessus tout, servir », a-t-il déclaré.

Cette conception place les préoccupations quotidiennes des habitants au centre de l'action municipale : assainissement, sécurité, responsabilité citoyenne, amélioration du cadre de vie et participation des populations au développement local.

Jacques Elion a notamment insisté sur la nécessité d’anticiper les problèmes plutôt que de simplement les gérer une fois qu’ils se présentent. Il a ainsi annoncé son intention de travailler au plus près des réalités des différents quartiers de Moungali.

« Je ne veux pas d’une population qui attend », a-t-il affirmé, invitant les habitants à devenir eux-mêmes des acteurs des solutions à apporter à leur environnement.

Une administration fondée sur la rigueur et l'intégrité

À ses collaborateurs, aux chefs de quartier, de zones et de blocs, le nouvel administrateur-maire a adressé un message sans ambiguïté : il attend d’eux de la présence, de l’efficacité et de l’intégrité.

Sa ligne de conduite se veut également fondée sur la rigueur et la justice.

« Là où il n’y aura faute, il n’y aura pas de complaisance ; là où il y aura mérite, il y aura reconnaissance », a-t-il averti.

Pour Jacques Elion, l’autorité administrative ne peut durablement s’exercer sans justice. « L’autorité sans justice engendre la peur. L’autorité juste engendre le respect », a-t-il martelé, faisant de cette exigence d’équité l’un des fondements de son approche managériale.

L’administrateur-maire a également insisté sur l’importance du travail collectif. Reprenant le célèbre proverbe selon lequel celui qui veut aller vite marche seul, tandis que celui qui veut aller loin marche avec les autres, il a appelé ses collaborateurs et les différentes composantes de la société locale à agir comme une équipe.

Les femmes et les jeunes au cœur de la dynamique locale

Dans son adresse, Jacques Elion a également réservé une place particulière à la jeunesse et aux femmes.

Aux jeunes de Moungali, il a lancé un appel à la formation, à l’entrepreneuriat et à l’innovation, estimant qu’ils constituent une partie essentielle de la réponse aux défis du développement local.

Aux femmes, il a rendu hommage pour leur rôle dans la consolidation des familles et de la société, tout en annonçant la volonté de l’administration de les accompagner.

« Quand une femme se lève, c’est toute la famille qui avance. Quand une famille se renforce, c’est toute la société qui grandit », a-t-il déclaré.

Une manière de rappeler que le développement d’un arrondissement ne saurait être réduit aux infrastructures et aux équipements, mais doit également s’appuyer sur le capital humain.

Moungali face au défi de la participation citoyenne

L’administrateur-maire a également placé son mandat dans la perspective des prochaines échéances électorales, appelant les citoyens à participer à la vie démocratique et civique.

Il a invité les populations à s’inscrire massivement sur les listes électorales, à se mobiliser dans leurs localités, à débattre avec passion tout en cultivant le respect mutuel.

Au-delà du scrutin, son propos a surtout insisté sur une conception participative de la démocratie : le citoyen ne doit pas être uniquement un électeur, mais un acteur permanent de la vie de sa communauté.

Cette vision rejoint son appel plus général à la responsabilisation des habitants dans les questions d’assainissement, de sécurité et de développement local.

« La salubrité de Moungali sera l’œuvre collective de sa population »

Sur la question de la salubrité, qui demeure l’un des enjeux majeurs de la gouvernance urbaine, Jacques Elion a défendu une approche collective.

La propreté de Moungali, selon lui, ne saurait être la seule responsabilité du maire ou des services municipaux. Elle devra devenir l’affaire de tous : administration, chefs de quartiers, associations, acteurs économiques et citoyens.

Il en va de même pour la sécurité. Si celle-ci relève en premier lieu des forces de défense et de sécurité, elle doit également bénéficier du concours vigilant des populations.

D’où son appel à une collaboration franche, étroite et respectueuse entre la municipalité, les forces de l’ordre, les structures locales et les citoyens.

Un nouveau chapitre pour Moungali

À travers cette intronisation, Moungali ouvre ainsi un nouveau chapitre de son histoire administrative.

L’expérience acquise par Jacques Elion dans les arcanes de l’administration municipale, son parcours académique et son expérience antérieure comme administrateur-maire constituent autant d’atouts sur lesquels il entend s’appuyer pour répondre aux attentes d’un arrondissement confronté à des défis multiples.

Mais au-delà des titres et des fonctions, son premier discours aura surtout été celui d’un engagement.

Faire beaucoup avec peu, voire faire peu avec rien, travailler dans la proximité, renforcer l’assainissement, contribuer à la sécurité, promouvoir la responsabilité citoyenne, valoriser les mérites et combattre la complaisance : telle est l’orientation affichée par le nouvel administrateur-maire.

La cérémonie du 10 septembre 2026 n’aura donc pas été une simple formalité protocolaire. Elle aura marqué la rencontre entre une nouvelle autorité municipale et une population appelée à devenir partenaire de son action.

En clôturant son propos par un appel à l’unité, au travail et à la discipline, Jacques Elion a résumé son ambition en une formule qui se veut désormais comme une profession de foi :

«« Pour avancer, Moungali doit avancer. Et par la foi, le travail, la discipline et l’unité, Moungali avancera. »»

À présent que l’écharpe est portée, que le drapeau de la République lui a été remis et que les actes administratifs sont accomplis, commence le temps le plus exigeant : celui de l’action et des résultats.

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